Directeur du CERFOPMAN
Me TCHICAYA Michel

Mot du Directeur du CERFOPMAN

Pourrais-je me permettre de dire à ceux qui vont consulter notre site, ce qui suit : En repartant d’une part, de la définition que le législateur ivoirien donne à la médiation et de l’autre, en se fondant sur l’expérience de Madame Béatrice Blohorn-Brenneur, magistrate, fondatrice du Groupement Européen des Magistrats pour la Médiation (GEMME) et de la Conférence Internationale de la Médiation pour la Justice (CIMJ), un sentiment m’anime.

En effet, aux termes de l’article 1er de la loi n°2014-389 du 30 Juin 2014 relative à la médiation judiciaire et conventionnelle, le législateur ivoirien nous apprend que « la médiation est un mode alternatif de règlement de litiges par lequel, deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leur différend, avec l’aide d’un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désignées avec leur accord, par le juge saisi du litige.

La médiation peut être judiciaire ou conventionnelle… »

Avec Madame Blohorn, nous nous rendons compte à quel point la justice est parfois inadaptée aux contentieux de notre époque. En effet, lorsqu’à la demande en justice se mêle en filigrane une plainte qui est très basée sur des éléments psychologiques, le cadre légal est souvent insuffisant pour mettre un terme au conflit. Comment supprimer les rancœurs, redonner au plaideur la parole qu’il pense lui avoir été confisqué ?  La médiation apparaît dès lors comme la voie pour permettre aux parties de se reparler, s’écouter et construire ensemble un accord durable qui conviendrait à tous.

Tout ce cheminement va indiscutablement bousculer les habitudes du monde judiciaire. Mais face aux avantages qui en découlent comme par exemple le désengorgement de nos juridictions, il n’y a pas de raison à ne pas associer cette voie amiable à la justice étatique dans la mesure où elle contribue à apporter aussi bien la paix à nos compatriotes que la confiance et la stabilité aux opérateurs économiques.

Il est important pour nous de savoir que la médiation qui est inscrite désormais au rang de nos normes juridiques et judiciaires concerne désormais chacun d’entre nous. Nous devons y jouer notre partition. Je vous exhorte donc à vous approprier ce mode de règlement de litiges si nous ne voulons pas être des analphabètes de l’émergence. Cela s’impose à nous, d’autant plus qu’incessamment, un acte uniforme relatif à la médiation va être adopté au niveau de l’OHADA.

C’est sur cette note incitative que je m’en vais mettre un terme à mon propos en vous remerciant tous pour votre engagement pour la médiation et à la fréquentation du CERFOPMAN.